Portraits

À la poursuite d’Autremonde

Publié le

Slamani fait partie des “anciens” de la Kafet. « Même si je ne suis allé là-bas qu’une seule fois, j’ai connu Autremonde en 2006, quand les locaux étaient encore à Pelport », raconte-t-il. C’est un ami qui l’y avait conduit. Et il n’a pas hésité à suivre l’association avec le déménagement rue de la Mare. « J’aime venir à Autremonde, explique Slamani. On passe le temps, on rencontre des gens. L’association me plaît telle qu’elle est, je ne voudrais pas la changer ».

Comme beaucoup de personnes accueillies à la Kafet, Slamani garde précieusement avec lui son téléphone : « c’est important pour le travail, mais surtout, le téléphone permet de rester en contact avec la famille ».

slamani.jpg

Clarisse, bénévole

Se détendre et se remotiver

Publié le

C’est par le biais d’un autre site d’accueil de jour que Charles a découvert Autremonde. « À la Kafet, on peut aussi bien boire un café que se connecter sur internet. C’est important pour chercher du travail. Au Pôle emploi, il y a des sites de recherche qui sont bloqués. Ici au moins, on a accès à tout », explique Charles.
Il ne se sépare d’ailleurs pas de son téléphone. Il n’y est pas particulièrement attaché, mais « dans les temps actuels, le téléphone, pour la recherche d’emploi, c’est indispensable », raconte-t-il.

charles.jpg

Pour cet homme, en situation de difficulté professionnelle et sociale, l’accueil de jour d’Autremonde est précieux. Précieux pour se détendre, mais aussi pour se remotiver. Il apprécie l’ambiance, le calme, le cadre, les rencontres… « et en plus, on nous offre des biscuits avec le sourire ! », dit-il, arborant lui-même un large sourire.

S’il est attaché au lieu – il aimerait que celui-ci soit encore plus vaste, surtout les jours de forte fréquentation à la Kafet –, Charles l’est aussi d’Autremonde. « L’association propose beaucoup d’activités. Moi, à part le Café ciné, je ne suis pas très culture. Je ne participe pas aux ateliers, mais je fais les collectes. Ça me semble naturel de récupérer du café pour le boire ensuite ici », conclut-il.

Clarisse, bénévole

Clémentine, en week-end prolongé

Publié le

Du haut de ses 25 ans, Clémentine a déjà un beau parcours. Originaire d’Avignon, elle fait ses études à Lyon. Ses expériences la dirigent vers la culture : Festival d’Avignon, Fête des lumières et Fête de la musique à Lyon… « Au départ, je me voyais davantage dans la culture, dans le mécénat. Et puis, j’ai découvert Autremonde… », raconte-t-elle.

Clémentine avait envie de venir à Paris. Elle cherche du travail et trouve une annonce d’Autremonde. « J’ai profité de l’entretien – un vendredi – pour passer le week-end à Paris. Mais je ne suis pas repartie ! J’ai commencé dès le lundi », poursuit-elle. En septembre dernier, Clémentine endosse ainsi les fonctions de chargée de logistique sur la braderie. Elle est aujourd’hui de retour à Autremonde pour remplacer temporairement Maria, responsable de la vie associative.

« Avant même de venir jusqu’à l’association, on ressent les valeurs et l’importance des missions, notamment au travers de la page Facebook ou du site », explique Clémentine. Un sentiment qui la conforte dans son choix et qui se confirme lors des missions auxquelles elle participe (formation, mais aussi Kamion, Kafet et, bientôt, Fabrique du goût). Toujours dans le mouvement, elle essaie de découvrir le maximum de choses. Et dans sa vie personnelle, c’est pareil ! « Je déteste ne rien faire ! Ça me stresse, s’amuse-t-elle ! J’aime découvrir Paris. J’ai une liste, dans mon téléphone de spectacles, de restaurants ou d’endroits que je voudrais voir ».

clementineAu travail ou dans la vie de tous les jours, Clémentine porte immanquablement une fine chaîne autour du cou. « D’abord, parce qu’elle est super jolie ! Mais aussi, parce que mes frères me l’ont offerte. L’un vit à New York, l’autre est en Avignon. On a peu d’occasions de se voir », confie-t-elle.

Enfin, si d’un coup de baguette magique, elle pouvait obtenir un autre monde, Clémentine ferait disparaître le mépris et l’indifférence. Si elle reconnaît elle-même que son regard a changé depuis qu’elle travaille à Autremonde, ces deux formes de rejet l’exaspèrent totalement.

Clarisse, bénévole

« M’investir un an, peut-être plus »

Publié le

« J’ai vu de la lumière, alors je suis entrée » C’est un peu comme ça que l’on pourrait résumer l’arrivée d’Édith, bénévole des ateliers de français (La Mare – niveau 1 – depuis octobre 2016). « M’investir auprès des exclus ou des déracinés m’apparaissait comme nécessaire, poursuit-elle. Je voulais être active, aller au devant d’eux plutôt que de rester repliée sur mon petit monde. Lutter aussi contre l’angoisse que tant d’injustice suscite, agir même si c’est peu… J’ai choisi Autremonde parce que j’ai vu de la lumière, ça oui, mais j’étais en recherche d’un lieu où m’investir ».

edithSi elle est aujourd’hui à la retraite, Édith n’en est pas moins active. Outre la pratique du yoga ou de la musique – « des choses qu’on fait quand on est à la retraite ! », s’amuse-t-elle –, elle suit un cycle complet d’étude juive laïque. Au programme : histoire, philosophie, yiddish (pour la culture) et hébreu. « Apprendre l’hébreu a été un choc culturel. Cela renouvelle ma façon de lire et d’écrire », explique-t-elle. Pas étonnant, donc, de trouver systématiquement un carnet dans son sac. Elle y note ses pensées ou des titres de livres qu’elle voudrait lire, toujours organisés par date, à la manière des classements d’ordinateur.

Habitante du quartier, elle a découvert l’association en passant devant. Une amie – elle aussi du quartier – lui a vanté les activités d’Autremonde. « J’ai participé à une réunion d’information pour les bénévoles. J’ai décidé de tenter l’expérience, m’investir un an, peut-être plus. Dès le début, j’ai vraiment été impressionnée par l’organisation ».

Si Édith disposait d’une baguette magique pour concevoir un autre monde, elle souhaiterait que chaque enfant, dans le monde, ait une maman qui l’aime et qui sache le lui exprimer.

Clarisse, bénévole

Lire et écrire

Publié le Mis à jour le

Binta vient de Guinée-Conakry. Elle tenait là-bas une boutique de vêtements pour enfants. En 2013, elle quitte son pays pour la France.

Elle est un peu ballottée d’association en association avant de trouver Autremonde. « Je voulais apprendre à mieux parler le français et surtout à lire et à écrire », explique-t-elle. On la renvoie donc d’une adresse à l’autre avant de trouver la solution la meilleure : une association qui tienne compte de sa demande, à proximité de chez elle.

En octobre dernier, Binta a ainsi entamé sa deuxième année de cours de français à La Mare.

Pour elle, Autremonde ce n’est pas que l’atelier de français. « Cet été, je me suis inscrite à la sortie à la mer. C’était super bien. Je fais plus attention maintenant au programme des sorties ».

bintaLa jeune femme, qui porte systématiquement des bijoux (« c’est vraiment important, quand on est une femme, d’avoir des bijoux. Même une simple montre », précise-t-elle), se sent bien à Autremonde. « Ici, les gens sont gentils avec moi. Ils sont honnêtes aussi. Ça compte beaucoup pour moi », conclut-elle.

Élève attentive, Binta ne s’empêche pas pour autant de rêver. Si elle avait des pouvoirs magiques, elle ferait en sorte que tout le monde soit heureux…

 

Clarisse, bénévole

« Une bulle d’air »

Publié le

Nicolas est bénévole à Autremonde depuis deux ans et demi. C’est un prolongement de son activité professionnelle dans l’associatif. « Autremonde c’est une bulle d’air dans ma semaine ». Il encadre l’atelier Photo, dont il est référent. Cela lui permet de transmettre sa passion à des personnes qui n’ont pas forcément accès à ce domaine un peu élitiste, ne serait-ce qu’à cause du matériel. Des actions transverses avec d’autres ateliers ont été mises en place. C’est l’occasion d’appliquer la théorie sur des cas concrets. L’atelier a réalisé un reportage sur une soirée de l’atelier du Goût, valorisant ainsi le travail des participants.

Que ou qui voudrais-tu être ?
Martin Luther King.

Quel don de la nature aimerais-tu avoir ?
Voler.

Que détestes-tu par dessus tout ?
L’intolérance.

Une anecdote ou un souvenir ?
J’ai une fois imité Michael Jackson. J’ai fait pleurer de rire mon père !

nicolasY a-t-il un objet que tu as toujours sur toi ?
L’appareil photo est l’objet qui ne me quitte jamais. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait jamais !

Si tu étais un cartoon, tu serais ?…
Dragon Ball Z.

Un(e) acteur/actrice ?
Morgan Freeman.

Un livre ?
Nations nègres et culture de Cheikh Anta Diop.

Un(e) chanteur/chanteuse ?
Daniel Balavoine.

Un(e) musicien/musicienne ?
Miles Davis.

Un(e) réalisateur/réalisatrice ?
Quentin Tarantino.

Un(e) artiste peintre ?
Combo CK.

Élodie et Clarisse, bénévoles

« Autremonde me permet de m’épanouir »

Publié le

Moussa a 28 ans. Depuis 2014, il fréquente avec assiduité les ateliers du pôle culturel (Expression orale et écrite, Danse, Peinture, Théâtre, Foot et il participe aux sorties culturelles). Les ateliers culturels lui apportent des connaissances. Il reconnaît d’ailleurs qu’il améliore son niveau. « Autremonde est une association qui me permet de m’épanouir ». Pour lui, l’association est une clé pour régler sa situation, mais c’est également une possibilité de faire des connaissances, d’apprendre, de faire des sorties, de découvrir Paris.

Que ou qui voudrais-tu être ?
Je voudrais être moi-même.

Quel don de la nature aimerais-tu avoir ?
La sagesse.

Que détestes-tu par dessus tout ?
Je déteste la rupture.

Une anecdote ou un souvenir ?
Je me souviens des contes de ma grand-mère. J’aime toujours ça.

moussaY a-t-il un objet que tu as toujours sur toi ?
Ce n’est pas un objet que j’ai toujours sur moi dont je veux parler, mais de ce tableau. Je l’ai fait à l’atelier Peinture. Il fait appel à mon enfance. On voit un instrument dont je jouais tout le temps quand j’étais petit. Cette représentation m’inspire et me donne beaucoup de joie.

Si tu étais un cartoon, tu serais ?…
Kirikou.

Un(e) acteur/actrice ?
Jack Bauer (le héros de la série 24 heures chrono).

Un livre ?
Si j’étais un livre, je serais un roman.

Un(e) chanteur/chanteuse ?
Salif Keïta.

Un(e) musicien/musicienne ?
Salif Keïta aussi !

Un(e) artiste peintre ?
Pablo Picasso.

Élodie et Clarisse, bénévoles