Proj’actions

Projection + action = Proj’Action !

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« Projection-débats, jeux d’éducation populaire, témoignage…, un rendez-vous pour réfléchir ensemble et agir. » C’est avec ces mots que se définit Proj’Action, le nouveau rendez-vous bimestriel d’Autremonde. Un projet porté de main de fer par la Mission Militantisme, qui prend enfin forme en ce vendredi 14 octobre, dans le cadre de la semaine des Accueils de Jour. Au programme de la soirée : une réflexion ludique autour de la question des préjugés.

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Autremonde. Il est 18h. Dehors, la pluie tombe par à-coup. La Kfet se vide peu à peu. On installe des chaises dans l’entrée, l’écran du vidéoprojecteur est baissé. Une vingtaine de personnes prennent place face aux animateurs. On y trouve à la fois des bénévoles de l’association et des accueilli.e.s. De la curiosité se lit dans les regards. La soirée peut commencer.

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Tour à tour, les animateurs présentent le projet. Qu’est-ce, pourquoi-ce, comment-ce. Et annoncent brièvement la trame du soir. Mais pas tout. On aime aussi les surprises. Puis on range les chaises : tout le monde en cercle. Certains paraissent surpris. Et oui, il va falloir un peu lever ses fesses. Pas de conférence micro en main et bloc-notes sur les genoux : à Proj’Action, on bouge.

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Petit cercle, donc. Avec jeux à la clé pour apprendre à se connaître. Chacun donne son nom et humeur du jour. On retrouve beaucoup de « curieux », pas mal de « contents », et quelques « timides ». Puis on se prend la main en proposant des mots évoquant la Kfet. Là, c’est « accueil » qui revient le plus. Ça tombe bien, c’est un des thèmes du jour.

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Dans Proj’Action, il y a action, mais il y a aussi projection (oui, on appelle ça un jeu de mot). Les lumières s’atteignent. Silence, ça tourne. Sortez les pop-corn. Au programme : quatre court-métrages. On y retrouve une certaine Christine, qui regarde un peu trop la télé et n’aime pas ses voisins arabes ; une jeune fille qui pense que l’on ne peut pas être à la fois Arabe et écouter Brassens ; une patate au fort accent québécois qui dit que les pauvres n’ont qu’à aller travailler ; et un faux épisode de Bref démontant les clichés sur les femmes. On remercie au passage Clément Clastre, Jules Hamdadou, les Indivisibles, ATD Quart Monde Quebec et Osez le Féminisme pour leurs films.

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Suite à la projection, sont débattus les différents préjugés traités par les films. Les participant.e.s en ressortent trois : racisme, sexisme et préjugés sur la pauvreté. Ils sont ensuite invités à se placer par groupe, en fonction du préjugé qui les interpelle le plus. Un « porte-parole » est désigné pour rapporter aux autres le fruit de leur discussion. Le but est de témoigner autour de préjugés vécus. Par exemple. Les pauvres sont souvent vus comme des personnes dénuées de culture (alors que 10% d’entre eux possèdent au moins une licence). Un groupe a constaté que l’on appelait les étrangers blancs « expatriés », et les autres « immigrés ». Intéressant : le groupe sur les préjugés sexistes a donné la parole à un homme. Il a soulevé le fait que l’on demandait communément aux hommes d’avoir une attitude virile.

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On enchaîne avec le débat « rivière ». Les règles du jeu : une question fermée, soit oui, soit non, et on se place en fonction. Qui veut la parole la prend. Le but : donner des arguments afin de faire changer d’avis les autres joueurs, qui peuvent à tout moment changer de camp. Les questions posées : Certains préjugés sont-ils plus graves que d’autres ? Est-ce que vous pensez en avoir ?

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Pas le temps de s’endormir. Nouvelle question, nouvelle mise en place. Les participant.e.s ont l’air de vraiment se prendre au jeu. Cette fois, on se demande quelles peuvent être les conséquences des préjugés. Et cette fois, les participant.e.s sont répartis en quatre groupes. Ils ont quelques minutes pour réfléchir, former un argumentaire. Une personne par groupe est désignée pour venir débattre avec les autres. L’objectif final est de trouver un consensus. Qui arrive relativement vite : le préjugé inhibe la victime, et la fait entrer dans un processus de dévalorisation de soi-même. Un préjugé s’auto-entretient avec le temps. Petit préjugé deviendra grand. Un participant note que le préjugé peut aussi, dans certains cas, engendrer un effet de surprise positif. Ouf, tout n’est pas noir.

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L’heure tourne. La soirée touche à sa fin. Dehors, il fait déjà un peu moins gris. On ne va pas jusqu’à dire que c’est un signe, mais quand même. Dernière question, mais non des moindres : comment peut-on combattre les préjugés ? Histoire de sortir d’ici un minimum armé. Petit cercle, chacun prend la parole. On évoque le travail des associations (Autremonde, vous connaissez ?), l’apport de la culture, le fait de se servir de mécanisme d’auto-défense en se disant qu’un préjugé est forcément négatif. Quelqu’un : « il faut éteindre la télé » ; un autre « pas non plus toutes les chaines ! ». On dérive un peu là.

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Ceci n’est pas une poubelle. Ou plutôt si, mais un peu. On y jette des papiers, où chacun aura marqué un préjugé dont il souhaite se débarrasser. Un acte symbolique.

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Voilà, c’est fini. On a un peu débordé mais ça va. Attendez, ne partez pas tout de suite. On voudrait votre avis. Vous avez aimé comment ? Un peu, beaucoup, passionnément, ou pas du tout ? Un avis sur des choses à améliorer ? Très bien. En vous remerciant. Et la prochaine c’est dans deux mois, oui. Le 11 décembre pour être précis.

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On se dit au revoir. Il y a du sourire sur les lèvres. Certains ont un parapluie sous le bras, mais il reste fermé. Il ne pleut plus.

Clément, bénévole